CANAL DE LA HAUTE-SEINE :

QUEL AVENIR POUR LE PONT-CANAL DE BARBEREY ?

Les défenseurs du patrimoine (passionnés, associations) ont récemment alerté l'opinion publique quant au sort du pont-canal de Barberey-Saint-Sulpice.

En effet, cet ouvrage a été récemment vandalisé par des groupes encore mal identifiés qui ont endommagé gravement les parapets de pierre, arraché en partie la rambarde de fer, démoli et brûlé au moins un quart des poutres de bois constitutives du chemin de halage. Enfin, ils ont détruit la petite maison éclusière proche du pont.

Ces agissements condamnables ont endommagé gravement un ouvrage d'art protégé au titre des Monuments historiques depuis 1983. L'ouverture de ce pont, conçu par l'ingénieur Lebasteur et construit par l'entrepreneur Cavy, a fait sauter en 1846 le dernier verrou subsistant sur le canal de la Haute-Seine entre Troyes et la Seine, en aval de Nogent, et permis - enfin - son ouverture complète au trafic.

Ce pont, le plus ancien construit en fonte, témoigne des techniques de la première révolution industrielle. Ses arches, posées sur des piliers de pierre, sont d'une grande élégance.

Les actes de malveillance gratuite perpétrés démontrent qu'une information sur le patrimoine est plus que jamais nécessaire. Leurs auteurs témoigneraient alors peut-être d'un peu plus de respect pour un témoignage remarquable du passé industriel de l'Aube. Encore faudrait-il pour cela qu'une signalisation adéquate indique aux visiteurs la nature et les qualités de l'ouvrage.
Encore faudrait-il aussi que le site bénéficie d'un minimum d'entretien et de surveillance, afin qu'il n'apparaisse pas comme une zone laissée à l'abandon où le droit n'opère plus. Encore faudrait-il enfin procéder à une réparation rapide des lieux afin que les groupes de vandales qui ont déjà opéré sur le site ne poursuivent pas leur funeste besogne.

Il faut souhaiter que la cession par l'État au Conseil général de l'Aube de la section du canal de la Haute-Seine située entre Marcilly-sur-Seine et Barberey-Saint-Sulpice se fasse rapidement. La Direction Départementale de l'Équipement, mandatée pour son entretien, manque en effet de moyens.

Le Conseil général, qui a inscrit la réhabilitation du canal de la Haute-Seine dans le contrat de plan État-Région, paraît désormais dans ce cadre l'acteur le plus capable de porter remède au problème de la conservation du pont-canal.

Ainsi peut-on espérer qu'un jour prochain, de Nogent à Barberey, les promeneurs et les touristes pourront redécouvrir avec plaisir les rives du canal et les nombreux ouvrages qui l'accompagnent : écluses, maisons éclusières, pont-levant de Pont-sur-Seine, pont-canal de Savières et de Droupt-Sainte-Marie...
Jean-Louis Humbert
Membre du Comité d'information et de liaison pour l'archéologie, l'étude et la mise en valeur du patrimoine industriel (CILAC).

Photos : Jean-Michel Van Houtte